L'Interrogation

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L'Examen par l'Interrogatoire

L'interrogatoire permet de se renseigner sur l'état du malade, c'est une méthode d'investigation comportant un questionnement sur tout ce qui a trait à cet état. Parmi les méthodes diagnostiques, l'interrogatoire tient une place importante. Grâce à lui, le médecin peut comprendre les relations existant entre la maladie et tout ce qui peut être en rapport avec celle-ci: la constitution physique du malade, son hérédité, le moment d'apparition de l'affection, les causes ayant entraîné cette affection, l'environnement habituel du patient, ses habitudes alimentaires, etc.

Lors de l'interrogatoire, il convient tout d'abord de demander au patient quel est son symptôme le plus douloureux. Parfois le malade présente un grand nombre de symptômes et n'arrive pas à en discerner un en particulier. Dans ce cas, le médecin doit collecter les différentes données sur l'état du patient, les analyser et rechercher le symptôme le plus important. Ensuite, il doit s'enquérir de l'état des organes, des viscères, des méridiens, de l'énergie, du sang et des liquides physiologiques, et des rapports de ceux-ci avec le symptôme dominant, il ne faut pas qu'il s'embarrasse d'une suite désordonnée de signes cliniques.

Durant cette étape de l’interrogation, nous notons les symptômes, nous écoutons les plaintes du patient en l'aidant à les formuler, puis nous entreprenons de lui poser des questions précises car le patient ne livre pas forcément tout ce qu'il ressent et de nombreux éléments d'information importants peuvent ne pas retenir son attention.

C'est une phase importante de l'examen, car c'est elle qui va faire préciser l'ancienneté de la maladie, son évolution dans le temps, la rythmicité des troubles, les circonstances d'apparition, les facteurs climatiques qui aggravent ou améliorent les troubles, les conditions de vie, de travail, d'environnement, les relations familiales et de travail, les antécédents.

L’Interrogatoire général

Il porte sur le nom, le sexe, l'âge, le pays d'origine, la situation matrimoniale, la profession etc.

Le sexe

Certaines affections se manifestent exclusivement, ou le plus souvent chez la femme, d'autres concernent exclusivement, ou le plus souvent l'homme.
Parce que l'homme et la femme sont physiologiquement différents, les maladies en relation avec les règle, les pertes vaginales, la grossesse et l'accouchement n'intéressent que la femme, c'est également souvent le cas des pathologies émotionnelles.

La spermatorrhée, l'impuissance, n'apparaissent que chez l'homme et il en est souvent de même pour les syndromes d'insuffisance du Rein et de montée du yang (feu) du Foie.

L'âge

Certaines affections sont particulières à certaines tranches d'âge; il en est ainsi de certaines maladies qui apparaissent exclusivement ou très fréquemment chez l'enfant et jamais, ou très rarement chez l'homme adulte.

La profession

La profession et le cadre de vie professionnelle peuvent avoir une influence sur le déclenchement des affections. Ainsi, par exemple, les pêcheurs et les mineurs travaillent continuellement dans un environnement humide et sont facilement agressés par les perversités de l'humidité et du froid. Le manuel sera plus souvent sujet à des affections de type plénitude, tandis que l'intellectuel présentera plus souvent des affections de type déficience.

Le pays d'origine

Les habitudes de vie sont également en relation avec l'apparition de certaines affections. Dans le Suwen il est dit:

« Dans les contrées orientales ... en ces lieux où abondent les poissons salés, le long des rivages maritimes, au bord de l'eau, la population aime manger du poisson ... la consommation abusive de poisson provoque de la chaleur dans l'organisme, trop de salé agresse le sang ... les affections induites se manifestent toutes par des abcès, des furoncles.»

« A l'ouest, dans ces régions où l'on trouve de l'or, du jade, du sable et des pierres..., la population est prospère et consomme beaucoup d'aliments riches en graisse, les perversités externes ne peuvent agresser les organismes, les maladies proviennent de l'intérieur.»

« Au nord ... la population est nomade et consomme beaucoup de produits laitiers, le froid dans les organes entraîne des affections caractérisées par le gonflement.»

« Au sud ... la terre est grasse, l'environnement est amollissant, la rosée est abondante, la brume est dense ... la population apprécie les mets de saveur acide ... ses pathologies se manifestent par des contractures et des engourdissements.»

« Au centre, ce sont des régions plates et humides ... la population ne se fatigue pas et son alimentation est diversifiée, les paralysies musculaires accompagnées de froid dans les extrémités ainsi que les atteintes du froid et de la chaleur sont les affections les plus fréquentes ».

De ces différentes citations, il ressort clairement que la diversité des conditions géographiques et climatiques, ainsi que celle des habitudes de vie et de l'alimentation, ont une influence sur le déclenchement et le développement des affections.

Interrogatoire sur les habitudes et le cadre de vie

Les habitudes de vie, les préférences alimentaires, les études, le travail, l'environnement familial exercent une influence directe sur certaines maladies.

Les individus qui habituellement craignent le froid et recherchent la chaleur, présentent souvent une constitution où l'énergie yin est prépondérante.

Ceux qui ordinairement recherchent la fraîcheur et craignent la chaleur ont souvent une constitution où l'énergie yang est prépondérante.

Les gens qui apprécient le vin et le thé manifestent des pathologies d'humidité et de mucosités.

Chez les personnes de faible constitution, l'énergie et le sang sont insuffisants: leurs affections sont habituellement dues à la déficience.

Chez les personnes de forte constitution, l'énergie et le sang sont abondants, leurs affections sont habituellement liées à la plénitude.

Certaines maladies, telles les affections émotionnelles sont le reflet négatif du cadre de vie, et sont liées à un abattement moral.

Interrogatoire sur les antécédents

Les affections contractées dans le passé par le malade ont souvent un rapport de cause à effet avec les pathologies actuelles qui peuvent en être une rechute.

Interrogatoire sur l'historique de l'affection, son développement et les traitements passés

Grâce à l'interrogatoire sur l'historique de la maladie en cours, il est possible de comprendre la situation présente de l'affection. Il faut s'enquérir des diagnostics qui ont déjà été posés, des traitements pharmacologiques qui ont été administrés et des résultats qui ont été obtenus.

Si l'affection dure déjà depuis un certain temps, qu'elle devient chronique, il s'agit généralement d'une pathologie d'insuffisance. Si l'affection est récente, c'est plutôt une pathologie de plénitude. Cet interrogatoire permet de comprendre et d'estimer l'évolution et la tendance du processus pathologique dans son ensemble, d'apprécier si l'état du patient s'aggrave ou s'améliore.

Interrogatoire sur l'état actuel du patient

Il représente la partie la plus importante du diagnostic par l'interrogatoire et constitue également un des fondements du diagnostic différentiel.

Interrogatoire sur l'alimentation

Interroger sur l'alimentation consiste essentiellement à demander au malade s'il a la bouche sèche, s'il a soif, s'il désire boire beaucoup ou peu, s'il préfère boire frais ou chaud, et s'il a bon appétit.

Soif et envie de boire

Si le malade a la bouche sèche, qu'il a soif, qu'il a envie de boire ou qu'il désire des boissons fraîches, cela indique un excès de chaleur endommageant le yin: les liquides physiologiques deviennent insuffisants.

Si le malade a la bouche sèche, qu'il a soif et qu'il désire des boissons chaudes en petites quantités ou qu'il a soif mais pas envie de boire, et qu'en plus il a des difficultés mictionnelles, il existe une stagnation interne d'eau.

L'absence de soif traduit l'intégrité des liquides physiologiques, souvent observée dans les syndromes de froid.

L'appétit

Connaître l'appétit du malade, savoir s'il mange peu ou beaucoup, sont des éléments permettant d'apprécier l'état de l'énergie de l'Estomac et représente une orientation dans le pronostic des affections, c'est une donnée importante en clinique. La diminution ou le manque d'appétit sont des symptômes du dysfonctionnement des activités de la Rate et de l'Estomac.

L'aversion pour les aliments est fréquemment observée lors des indigestions. Un appétit excessif et une sensation de faim qui se manifeste après avoir mangé sont des signes d'un excès du feu de l'Estomac consommant exagérément les aliments.

Au cours d'une affection, le retour progressif de l'appétit pronostique le rétablissement de l'énergie de l'Estomac; à l'inverse, une diminution de l'appétit dénote souvent la déficience de l'énergie de l'Estomac et de la Rate.

Le goût

Il faut demander au malade s'il ressent un goût particulier dans la bouche. Une sensation de goût amer et la bouche sèche; une sensation de goût sucré; un goût acide; un goût fade sans saveur; un goût acide emplissant la bouche sont autant d’indications qui permettent d’orienter le diagnostic.

Questions sur les selles et les urines

Les selles

Il est important d'interroger le malade sur la consistance, la couleur et l'odeur de ses selles, de lui demander si elles sont mêlées de sang purulent ou sanguinolentes, et si ce sang est de couleur sombre ou de couleur claire. Il faut également s'enquérir de la fréquence et de la quantité des selles ainsi que des sensations perçues lors de la défécation, et enfin se renseigner sur une éventuelle incontinence fécale.

Les urines

Il est important de questionner le malade sur la présence ou l'absence de mictions, de s'enquérir de la fréquence, de la couleur et de la quantité de celles-ci, de savoir si ses urines sont claires ou troubles, si elles s'écoulent facilement ou non et si elles s'accompagnent de douleurs.

Les urines proviennent des liquides organiques. Les urines donnent des indications directes sur l'état de l'activité des organes et des viscères tels que le Poumon, la Rate, le Rein et la Vessie.

Questions sur le sommeil

Interroger un malade sur son sommeil revient essentiellement à lui demander s'il est sujet à l'insomnie ou à l'hypersomnie.
En général, les personnes âgées dorment moins que les jeunes et ces derniers ont besoin de plus de sommeil que leur aînés, ce sont des caractéristiques physiologiques.

L'insomnie est caractérisée par un temps de sommeil trop court, ou un endormissement difficile ou encore une facilité à se réveiller.
L'hypersomnie est caractérisée par un temps de sommeil trop long, certains sujets s'endorment même durant la journée dès qu'ils ont un moment de calme.

Les questions portent sur tout un ensemble

La douleur et ses caractéristiques, la sexualité, les sens, le relationnel, les traitements en cours, les maladies des parents, les centres d’intérêt etc.

L’interrogation va permettre au praticien d'établir le schéma de progression de la maladie et donc de trouver ou tout au moins de s'approcher le plus possible de l'origine.